Interview : François PAQUIN

Juste à temps avant de monter dans le bus pour Courbevoie, voici l'homme en forme en ce moment : François PAQUIN.
L'interview a été faite avant Toulouse.


E.B. – Même si ce n’est pas terminé, comment analyses-tu la saison de l’équipe ? Et la tienne ?
François – Jusqu’à présent, la saison de l’équipe, ben c’est pas une cachette pour personne, on est en dessous des attentes. On dit au Québec qu’on est « underachiever », ça veut dire qu’on n’a pas réalisé ce qu’on devait réaliser. Mais bon, même dans une position assez difficile, je pense qu’on voit quand même une lumière au bout du tunnel. On a quand même les playoffs à portée de la main qui se joueront surement sur le dernier match. Ça n’a pas été facile mais on n’a pas lâché. Là on ne se retrouve pas en bonne position, mais malgré tout on pourrait bien s’en tirer.
Au niveau personnel, ça a été un lent début, je crois, je n’avais pas mon niveau de l’année dernière. Ça m’a pris un temps avant de m’habituer, sans jouer des mauvais matches, mais je ne jouais pas comme j’étais capable, et ça ne me satisfaisait pas. Mais je pense que dernièrement ça s’est replacé, je dirais que depuis Noël j’ai pris un peu de confiance de plus, et puis ça rapporte.
Et puis il reste encore deux matches, on va se défoncer jusqu’au bout, ça c’est sur.

E.B. – Depuis plusieurs matches, tu passes toute l’équipe adverse en revue en remontant le palet, souvent pour aller au but. Est-ce concerté avec les coaches pour varier le jeu, ou est-ce improvisé de ta part selon les opportunités de jeu ?
François – Je dirais que c’est dans ma nature depuis que je suis jeune, j’ai toujours été un défenseur offensif. Quand j’ai la chance, j’ai la rapidité, souvent quand j’ai l’opportunité, j’ai l’espace, j’aime y aller pour essayer de provoquer quelque chose. C’est sur que depuis quelques matches, ça ressort plus mais je pense que c’est quelque chose que j’essaie depuis le début de la saison. Au début, ça ne marchait peut-être un petit peu moins mais là ça a l’air de marcher.
Non, ce n’est pas une consigne particulière du coach de faire ça. C’est sur que quand on est en arrière d’un but, il va peut-être dire d’essayer de provoquer quelque chose. Mais non, je crois que c’est dans ma nature de vouloir jouer comme ça, ça l’a toujours été, donc on continue de la sorte.

E.B. – Tu marques 10 points sur les 3 derniers matches (et depuis 3 assist. de plus contre Toulouse). Tu as décidé de doubler de Miro et Francis au tableau des pointeurs ou quoi ? un pari, un défi peut-être ?
François -  Cheesy non non non, pas du tout !! A mon avis, les statistiques personnelles, ça ne veut pas dire grand-chose. C’est sur que quand tu regardes tu te dis « ouh la prochaine fois ! »  Grin mais il n’y a aucune compétition. Ce n’est vraiment pas mon objectif de terminer devant Francis ou Miroslav ou aucun autre. Moi, je veux aider l’équipe avec mon jeu, je fais mon possible. 10 points en 3 matches, ça me satisfait, ça m’est jamais arrivé, je n’ai jamais joué du hockey comme ça dans ma carrière, j’en profite, je l’apprécie, et on espère que ça continue pour les 2 derniers matches.

E.B. – Comment abordes-tu les 2 matches restants, contre Toulouse et Courbevoie ?
François – ça va être une guerre clairement. Toulouse, ils ne vont pas nous faire de cadeaux, on les a démolis ici au 1er match, ils sont juste devant nous, c’est difficile de jouer là-bas. A chaque match, on joue notre saison, on n’a pas le choix de se préparer en conséquence, arrivés prêts. C’est des matches intéressants à jouer, moi c’est ça qui me fait un défi parce que tu n’as pas le droit à l’erreur. Comme on dit, ce sont des matches à 4 points. Courbevoie, j’ai un souvenir, c’est assez difficile de jouer là-bas, petite patinoire, mais on va arriver prêts. Ça va être le dernier match de l’année. Advenant qu’on gagne à Toulouse, ça va possiblement être le match pour les playoffs, on va jouer notre saison.

E.B. – A Limoges contre valence, ou à Mériadeck pendant les prolongations contre Brest, est-ce que tu as senti le public vous pousser ? ça fait quoi comme sensations ?

François – Ouais, honnêtement, c’est encore plus flagrant ici parce que la patinoire est plus grande, il y a encore plus de monde. Et puis à Limoges, on a vu quand on a fait 1 à 2, là on a senti quelque chose. Et après, ça a déboulé, on a pris le contrôle du match. Ça doit être difficile de jouer contre bordeaux à domicile, vraiment vraiment vraiment !! c’est un défi pour nous aussi, on ne veut déplaire à personne, on veut surtout gagner des matches. Avec le public, c’est très intéressant de jouer ici, ça nous pousse vraiment.

E.B. – Certains savent que tu as des projets hors hockey, ton triplé contre Brest est-il une belle façon de faire tes adieux au public de Mériadeck, ou serais-tu  tenter par un an de plus chez nous ou en France ?
François – C’est sur que quand on joue des matches comme ça en fin de saison à Mériadeck, ça met l’euphorie, ça donne envie de continuer à jouer. Mais d’un autre côté, je le dis honnêtement, j’ai pas de niveau d’école, j’ai absolument rien. Je me pose beaucoup de questions ces temps-ci, savoir l’année prochaine qu’est-ce qu’il se passe, est-ce je continue à jouer au hockey, est-ce que je prospère à bordeaux, est-ce que je prospère ailleurs, ou même est-ce que je rentre au Québec. J’ai beaucoup de discussions avec mes parents ces temps-ci.
Mais je ne me mets pas de pression, je me dis que je vais terminer ma saison ici, faire le mieux que je peux, amener l’équipe où elle doit aller. Et après on tombe en période de réflexion, parce que d’un côté je sais que je ne gagnerai jamais ma vie avec le hockey, et que je n’ai pas envie de jouer jusqu’à 30 ans non plus. J’ai tous mes amis qui sont dans mon année, qui terminent l’école, moi j’ai le minimum mais ça ne suffit pas. Ce n’est pas une période facile, mais ça fait partie de la vie, c’est des décisions qu’on a à prendre, c’est la réalité.
Mais je me concentre présentement sur les 2 derniers matches, et après on voit ce qui se passe.

E.B. – As-tu toujours été défenseur ? Qu’est-ce qui te plait à chaque poste ?
François – Et non ! Honnêtement, jusqu’à l’âge de 18 ans, j’ai fait la navette entre attaquant et défenseur. Quand j’ai commencé à jouer, j’étais attaquant. Vers 11 ou 12 ans, j’ai tombé défenseur. Après ça, une année sur deux, ou en milieu de saison, je changeais, j’allais remplacer en défense, je revenais en attaque. Même au niveau junior à 18 ans, j’ai fait les 2. Un match je commençais en attaque, je finissais en défense. A partir de 19 ans, je me suis assis avec l’entraîneur et puis je lui ai dit « là je suis défenseur ! ». C’est ma 4ième saison comme défenseur permanent. Quand j’y repense, c’était vraiment une bonne décision : je suis un défenseur, offensif mais un défenseur.
J’aime ça, tu vois tout le jeu devant toi. Moi ce que j’adore, c’est que dans notre répertoire, tu dois relancer l’attaque, tu regardes, tu dois prendre les bonnes décisions. Si des fois tu as la chance, ça arrive des fois que je peux remonter le palet, quand tu as tout devant toi, c’est ce qui me plaît le plus.

E.B. – Avec qui as-tu le plus d’affinités, sur la glace et en dehors ?
François – Sur la glace, c’est pas une question facile  huh. Depuis le début de l’année, on tourne pas mal en défense, j’ai joué avec presque tout le monde, j’ai joué avec aymeric, boubé, jano, ou avec max et paradis. Après pour ma part de défenseur, honnêtement je n’ai pas vraiment de préférence. Moi je me concentre de faire mon travail, on essaie de s’aider que je sois avec n’importe qui, pour travailler ensemble. Sur la glace, je ne pourrais pas dire avec qui ça clique le plus.
En dehors de la glace, c’est avec mes colocataires : Francis et Thomas. Francis, je le connaissais avant qu’il arrive ici, j’avais joué avec lui en junior. Et Thomas, je ne le connaissais pas du tout. Mais maintenant, c’est des très bons amis, on a beaucoup de plaisir. Et puis il y a Jef, c’est la 2ième saison que je le côtoie. On a vraiment de bons moments ensemble, on se taquine,  Tongue ça c’est plaisant. Il y a Miro aussi, il vient souvent à l’appartement, on prend un verre, on regarde des matches de hockey. Sinon, je m’entends quand même avec tout le monde. Il y a une bonne bande de gars, il n’y a personne avec qui ça ne marche vraiment pas.

E.B. – Tu fais quoi à coté du hockey ? boulot, études, distractions, etc
François – J’entraîne les petits et je fais les juniors avec Jef, je m’occupe des défenseurs, le mardi.
Je fais l’école de hockey, le mercredi et le samedi quand on joue à domicile. Les U13-U15, je m’occupe du hors-glace et le « sur glace » aussi des fois, donc je touche un peu à toutes les catégories sauf les U18.
J’aime vraiment ça entraîner. Ça fait 6 ans que je fais ça au Québec, je travaille dans un parc, on organise des jeux, donc je contacte avec les jeunes, j’adore. Je pense aussi que je sais me faire apprécier des jeunes. J’aime ça enseigner, j’aimerais aussi être enseignant plus tard. Cette relation avec les jeunes, c’est super plaisant.

E.B. – Et maintenant il va falloir balancer, on veut des noms, dans le bus :
-   Qui est une vraie marmotte : le premier couché c’est xabi, mais celui qui dort le plus, je dirais piché, il est pas loin, et moi aussi,  Wink un petit peu.
-   Qui est le pire ronfleur : coco, et moi je dors juste à côté en plus, lui à droite, moi à gauche, mais je dors dur (profondément).
-   Qui est le plus chahuteur : julien leclerc, et xabi des fois il est surprenant, il va faire des blagues, c’est intéressant, et paradis, c’est un bon petit clown.
-   Qui est le 1er réveillé : je prendrais une chance, je dirais xabi.

E.B. – Si un bon génie pouvait exaucer 3 de tes vœux dans le hockey ou dans ta vie, quels seraient-ils ?
François – Le 1er vœu, avoir la santé toute ma vie, sans vouloir être éternel,  Wink mais j’ai une admiration pour ceux qui atteignent le plateau de 100 ans, c’est quelque chose !! Le 2ième vœu, gagner un championnat de ligue parce que j’ai jamais rien gagné, ça ne m’est jamais arrivé. Le 3ième vœu, ce sera de former la plus belle famille possible avec ma femme et mes enfants, c’est un objectif.

E.B. – Est-ce que tu t’intéresses à d’autres sports ? Que tu pratiques ou que tu suis ? Des équipes en particulier ?
François – J’aime tous les sports, le foot un peu moins. J’adore le tennis et le golf que je pratique aussi. J’aime bien la boxe que je pratique pas mais j’adore regarder.
J’ai un faible pour les équipes de Pittsburgh pour les sports collectifs : hockey, football américan, baseball. C’est ma ville.

E.B. – Tu visites notre site ? une section en particulier ?
François – Mon ordinateur est brisé en ce moment donc un peu moins mais je vais voir, comme ça. Le plus important pour moi c’est le classement.

E.B. – En matière de lecture, de musique, de films, quels sont tes préférés ou tes derniers ?
François – Je déteste la lecture, je ne suis pas un grand lecteur. Je n’ai pas regardé beaucoup de films dans ma vie, c’est pas mon truc.
J’adore la musique, j’en ai 2 sortes. Avant les matches, de la musique qui bouge pour me motiver, me mettre dans l’ambiance. Et puis de la musique pour dormir, pour me décontracter.
J’écoute beaucoup de rap québécois, mais ici ça doit pas parler à beaucoup de monde. Smiley

E.B. – Ton péché mignon ?
François – Depuis que je suis ici, j’ai découvert les madeleines, au chocolat, wouah !!  Shocked J’aime bien aussi les gaufres liégeoises.

E.B. – Une petite blague ?
François - ….. je ne suis pas du genre à raconter des blagues … je vais citer une blague de Thomas Paradis qu’il raconte souvent aux jeunes quand on fait l’école de hockey.
« qu’est-ce ça fait un chinois qui tombe de la Tour Eiffel ? »  - « ça fait Chiiiinnnnnnnnnn toc ! »
c’est la seule qui me vienne en tête, mais elle n’est pas nécessairement drôle, je ne la trouve pas forcément drôle mais c’est celle que j’entends tout le temps. Il l'a dit au moins 3 ou 4 fois.

E.B. – Quelque chose à ajouter ?
François – J’aimerais dire, surement comme tout le monde l’a dit, un gros merci à l’Esprit Boxers, l’association, ce qui englobe les supporters. Vraiment vous avez fait un super travail tout au long de l’année, même si on a eu des moments difficiles, vous ne nous avez pas lâchés. On a senti que vous étiez derrière nous, dans les moments faciles ou plus difficiles.
Je vous encourage à continuer, il reste 2 matches, ce sont les matches capitaux de l’année, la saison va se jouer là. On a besoin de vous autres jusqu’à la fin. Vraiment vous faites un travail remarquable. J’ai rarement vu des gens aussi dédiés, aussi passionnés, ce n’est pas tout le monde qui fait 10-12 heures de bus pour aller voir un match de hockey. C’est plaisant aussi d’avoir ça à Bordeaux.
Tous les joueurs sont vraiment reconnaissants de ça.

Merci François et bonne route vers les playoffs.
J'en profite pour faire un petit coucou à ceux qui liront ces lignes de l'autre côté de l'Atlantique


PS: si vous connaissez une formation diplomante pour notre François, les supporters Bordelais sont preneurs Grin


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